Havana Club Rumba Sessions 
Un voyage à la recherche des racines de la rumba cubaine

Le dernier chapitre de la relation de longue date entre Gilles Peterson et la musique cubaine le pousse à explorer les racines de la rumba dans un projet s’articulant en trois parties : un documentaire long métrage, un album de remixes et une banque de samples.
Produit en collaboration avec la marque de rhum cubain Havana Club, qui a créé la plateforme Havana Cultura pour faire la promotion de la culture cubaine contemporaine, voici un nouvel épisode d’une relation de six ans qui fait déjà les beaux jours de la magnifique culture musicale cubaine dans la série d’albums Havana Cultura*.

Faire découvrir les trois principaux styles de rumba est une part essentielle du projet, à savoir guaganco, yambu et columbia. Peterson a travaillé avec des chanteurs de rumba réputés de l’île pour enregistrer des versions officielles des trois rythmes et discuter des origines et des significations rattachées à chacun. Les rythmes constituent le point de départ à partir duquel les trois branches du projet ont divergé. 

Documentaire

Ce documentaire long métrage réalisé par Charlie Inman, Havana Club Rumba Sessions: La Clave, reprend les principaux artistes interviewés par Gilles Peterson parmi les générations musicales de l’île, et donne un aperçu de l’importance de la rumba dans un pays où un passé bien protégé a longtemps fait route commune avec l’innovation.

Le film remonte le temps jusqu’aux pratiques de rythmique spirituelle des communautés esclaves, en passant par les danseurs et musiciens qui ont préservé ces traditions, pour aboutir à la dernière génération qui a arraché et recontextualisé les éléments qui lui semblaient les plus intéressants.

L’histoire de la rumba, inextricablement liée à celle de la traite des esclaves, s’entremêle de façon unique aux styles musicaux d’Afrique occidentale et ibériques. Possédant des racines au Congo, au Nigéria, au Bénin et au Cameroun, différentes institutions religieuses africaines telles qu’Ifa, Ekpe et Nkisi se sont reformées à Cuba tout comme Lukumi (Santeria), Palo, Abakua et Arara. Ce film raconte comment la réalité religieuse et sociale instituée par la diaspora africaine possède un lien distinct, voire complexe, avec les rythmes fondateurs de la musique club contemporaine.

Album de remixes

Alors que le film dépeint les origines de la rumba en remontant des communautés ouvrières de La Havane et de Matanzas aux dancefloors d’aujourd’hui, cet autre pan du projet est une réinterprétation globale et divertissante des racines de la rumba. Les titres reprenant les trois variantes du genre ont été confiés à des producteurs travaillant dans l’orbite des domaines les plus intéressants de la musique club.

Il en résulte Havana Club Rumba Sessions, un album de remixes éclectique comme le suggère le panel de producteurs cubains et d’autres répartis entre Londres, le Japon et plus encore.

Max Graef et Glenn Astro, de Berlin, nous offrent un hommage vibrant au hip-hop libre et facile qui fait leur réputation ; l’arrangement de Motor City Drum Ensemble nous propose un titre incandescent et hypnotique ; les japonais Daisuke Tanabe et Yosi Horikawa trouvent le rythme avec un mélange prudent de percussion et de basse ; le français dEbruit augmente le tempo dans une reprise joliment travaillée qui mélange les cliquetis des percussions dans un rythme constant ; Pablo Fierro fait les choses tout aussi intensément et associe les genres dans un mix destiné aux dancefloors bondés ; les mixes du canadien Poirier sont plus calmes, de délicates mélodies ajoutent un côté émouvant.

Les derniers mixes ont été créés par quatre des producteurs du collectif 22a basé à Londres, le premier étant de Reginald Omas Mamode IV qui plie le rythme cubain dans une construction déstructurée, et tout fonctionne alors que ça ne devrait pas ; Tenderlonious la joue plus légère et atmosphérique avec des accords sombres et un chant de Daymé Arocena ; la version d’Al Dobson Jr démarre de façon très tendue puis se déploie progressivement pour groover ; Mo Kolours mélange des fragment de chant, des trompettes nomades et des accords riches à des rythmes variables de percussions menées par une clave.
Banque de samples

Outre les morceaux proposés aux producteurs qui relient les styles des quatre coins du monde représentés depuis longtemps par Peterson dans son label, ses émissions radio et ses performances DJ, on trouve également une banque de samples que les producteurs peuvent retravailler et incorporer à leur propre musique.

Il s’agit d’une opportunité unique d’accéder à des enregistrements des variantes, guaganco, yambu et columbia, au cœur de la rumba cubaine, joués par certains des artistes les plus réputés. L’idée est d’ouvrir la culture musicale cubaine, qui est déjà le fruit d’histoires entremêlées de l’île des Caraïbes, à des interpolations encore plus internationales parmi les producteurs potentiels du monde entier.