New Cuba Sound (2009)
Havana Cultura Album Series

Gilles Peterson présente Havana Cultura

A l'époque où n'existaient pas encore YouTube et iTunes, nos ancêtres parcouraient la terre à la recherche d'échanges musicaux. Ils se pressaient dans des clubs alternatifs et écoutaient des stations de radio pirates. Gilles Peterson était leur gourou. Il les a sortis de ce carcan pour leur faire découvrir de « vrais rythmes ». Si vous faisiez partie de ces premiers primates qui dansaient sur de l'acid jazz dans un club de Londres à la fin des années 90, vous avez certainement acclamé Gilles Peterson. Si vous avez passé les années 90 dans des raves à Ibiza (ou à les écouter à distance sur Radio 1 de la BBC), vous n'avez pas pu manquer Gilles non plus. Il mixait de la soul, du funk, du hip-hop, du jazz, de l'électro, préparait ses mixs avec des ingrédients de choix issus de sa propre collection de disques qui, tout comme l'univers, a la réputation d'être en expansion constante.

Aujourd'hui, on pourrait le qualifier de DJ, mais ce serait comme qualifier Usain Bolt de jogger. Gilles Peterson est un musicien avant-gardiste de renommée internationale, qui a aidé des artistes à lancer leurs carrières (Jamiroquai, Erykah Badu) et diverti les foules. Divertir est certainement le bon mot pour décrire son travail. En effet, s'il représente un véritable gourou pour de nombreux musiciens et mélomanes, il ne prêche jamais de dogmes. C'est pourquoi personne ne se fatigue de lui, ni les auditeurs de radio, ni les habitués des boîtes. Avec son propre label (Brownswood Recordings) et une émission de radio distribuée sous licence et judicieusement intitulée Gilles Peterson Worldwide, il se fait en tous lieux le champion de la bonne musique - sans mentionner les blogs, les podcasts, les « gazouillis » (les fameux «tweets») et les autres modes de diffusion.

Le résultat est un CD Havana Cultura, qui est en réalité un double CD. Le premier CD est constitué de 12 musiques de Gilles enregistrées avec le groupe qu'il a lui-même composé, le « Havana Cultura Band », dirigé par le pianiste Roberto Fonseca. Ce CD a profité de la participation d'artistes talentueux tels que Mayra Caridad Valdés, Ogguere, Danay, Francis Del Rio ou encore Obsesión.

Le second disque est une compilation de 16 musiques. Certaines déjà sorties, d'autres non, mais toutes composées par les plus grands noms de la musique cubaine : Los Aldéanos, Telmary, Yusa, Kelvis Ochoa, Doble Filo, Descemer Bueno, Gente de Zona, Harold Lopez Nussa, Kumar, Free Hole Negro, Cubanito 20.02, Wichy de Vedado et Tony Rodriguez. La pochette du CD a été conçue par Alexandre Arrechea, un des plus brillants artistes d'arts plastiques cubains.

«D'une certaine façon, il ne s'agit que d'un début pour moi», raconte Gilles. «Il s'agit également d'un nouveau départ pour la nouvelle musique cubaine. Je pense que c'est quelque chose que nous devons exporter et faire connaître.»

CD1
Les pulsations du projet de Havana Cultura, Gilles Peterson et Roberto Fonseca, ont rassemblé une poignée des meilleurs musiciens et voix de Cuba pour donner vie à leur vision. Florissant sous la direction de Fonseca, Peterson et Vince Vella, ils ont reproduit l'essence du groove de Havana Cultura.

CD2
La première fois que Gilles Peterson est venu à Cuba, il « n'était là que pour quelques jours, même pas le week-end », se souvient-il dans le livret du CD. Mais ce fut suffisamment long pour qu'il entende à peu près tous les morceaux qu'il finit par sélectionner pour cette étude de nouveaux sons cubains, certains d'entre eux n'ayant jamais été publiés auparavant.

La pochette de l'album

La conception de la pochette de l'album Havana Cultura de Gilles Peterson a été confiée à Alexandre Arrechea, un choix surprenant quand on sait que ce dernier n'est pas connu en tant que graphiste. C'est un peintre, sculpteur et artiste conceptuel cubain qui expose régulièrement dans les galeries et musées du monde entier. Alexandre Arrechea s'est donc retrouvé à faire ce qu'il sait le mieux, à savoir une œuvre d'art. La pochette rouge et noire est un hommage à La Havane, avec des évocations de ses murs recouverts de vie et d'énergie, une ville débordante de créativité, une métaphore parfaite de l'offre musicale monumentale et multiple que renferme la capitale cubaine. A l'intérieur de la pochette, la photo d'un homme portant une charge de briques est un clin d'œil à Peterson, lequel pouvait parfois être vu à Londres en train de chanceler sous le poids de son énorme collection de disques.

Pour la couverture de la pochette, Alexandre Arrechea a choisi une photo réaliste de Peterson en train de regarder le monde passer à un coin de rue à La Havane. Cette photo a été prise par Youri Lenquette, un photographe français de renommée mondiale qui a passé plusieurs mois à La Havane pour photographier des musiciens cubains. Bien qu'il soit surtout connu pour ses photos de stars du rock, Lenquette est retourné à Cuba à plusieurs reprises depuis 1995, année de sa première visite et de sa première rencontre avec le paysage musical cubain. Un jour, un journaliste lui a demandé quel musicien, en vie ou non, il aurait aimé photographier. Réponse : Benny Moré, le légendaire chanteur et directeur de big band cubain.