Glenda León 
Visual artist

Glenda León est une artiste plastique qui nous demande d'écouter ce qui se voit, de voir ce qui s'écoute ou de penser à ce que l'on entend ou voit lorsque l'on admire une de ses œuvres. En une période de temps relativement courte (elle est née en 1976 à La Havane), Glenda a obtenu une reconnaissance mondiale grâce à sa remarquable capacité à associer des sons à des supports visuels. Ses oeuvres conceptuelles et d'art vidéo sont exposées dans des musées tels que le Centre Georges Pompidou de Paris, le Musée National des Beaux-arts de La Havane ou le Musée des Beaux-arts de Montréal, ainsi que dans des galeries de Cuba, d'Allemagne, d'Espagne et des États-Unis.

Comme beaucoup d'autres artistes cubains, Glenda León est passionnée de musique et d'arts de la scène. À 14 ans, ses parents l'ont inscrite au Centro Prodanza de Cuba, où elle a étudié le ballet classique sous la direction de Laura Alonso, la fille unique de la légendaire première ballerine cubaine Alicia Alonso. Elle a montré un talent certain pour la danse et la chorégraphie, mais elle a finalement décidé de goûter à autres choses. Elle a étudié l'histoire de l'art à la faculté des Arts et des Lettres de La Havane, et elle a commencé à travailler en tant qu'artiste plastique. Toutefois, elle n'a jamais abandonné la musique.

Glenda León travaille souvent avec des matières brutes et des dérivés de la musique. Elle les examine et les transforme de sorte à révéler leur pouvoir métaphorique dans une époque où l'on fait, produit et consomme de la musique en permanence. Une de ses dernières expositions au MagnanMetz Gallery de New York, sa première exposition individuelle aux États-Unis, s'appelait Escuchando el silencio [En écoutant le silence], et présentait des sculptures composées de 45 tours et de photographies de divers objets (feuilles, gouttes de pluie, dés…) superposés pour former des notes sur une partition de musique.
 
Dans une oeuvre dévoilée pour la première fois à La Havane, faisant partie de sa série Objetos encontrados [Objets trouvés] de 2005, on observe un piano à deux pattes muni d'un couvercle relevé qui, lorsqu'on l'actionne, laisse échapper une explosion de fleurs jaunes et s'incline vers l'avant tel un cheval de cirque faisant une révérence.

Certaines des oeuvres conceptuelles de Glenda intègrent littéralement une dimension personnelle. Son « Peinado para un momento silencioso » [Coiffure pour un moment de silence] montre des feuilles de partition formant des mèches de cheveux. L'artiste a utilisé du chewing-gum qu'elle a mâché elle-même pour former l'image d'un arbre et un planisphère. Une de ses oeuvres semble inspirée directement de sa vie dans sa ville natale. « Tu ropa es mi ropa » [Tes vêtements sont mes vêtements] (2006) est une impression photographique d'une toile qui montre des vêtements en train de sécher sur les étendoirs typiques des rues de La Havane. L'unique différence réside dans l'interprétation que fait Glenda de cette scène : les vêtements sont accrochés dans un ciel bleu comme des oiseaux sur un fil électrique, sans personne ni bâtiment, noyés dans l'infini.

« J'ai passé énormément de temps à réfléchir aux absurdités de la vie à Cuba ou à essayer de trouver un sens à ses situations qui semblaient un peu absurdes », confie Glenda à Havana Cultura. Puis elle est partie vivre en Allemagne pour étudier à l'Académie des arts médiatiques de Cologne entre 2005 et 2007. « Lorsque je suis revenue à La Havane, j'ai vu les choses d'une façon totalement différente ». Je me suis rendu compte que l'absurde pouvait avoir un côté positif ».